Entretien avec A. A. Morain

Entretien avec A. A. Morain (Alliance Drakonique)

Propos recueillis par Soror Deus Sekor et Absentia, 2016.

*

 « Allez-y maintenant, bâtissez votre empire et votre héritage – votre pyramide de crânes. » (Récents écrits vampyriques de l’Alliance Drakonique).

Fondée en 2013 par Ryan Fleming, sous le pseudonyme d’A. A. Morain, l’Alliance Drakonique se présente comme une nexion de l’Ordre des Neuf Angles ayant pour finalité l’accession de l’adepte à une existence vampirique :

« L’Alliance Drakonique est un ordre restreint et secret d’individus se connaissant mutuellement et qui ont voué leur cheminement sinistre à la poursuite et à la réalisation, par-delà leur mort — mais aussi durant leur vie —, d’une existence de liche. Notre but est simple : il réside dans la création d’un Moi vampyrique qui puisse se repaître de ses hôtes humains pour hanter cette terre et le vide glacial stellaire, aussi longtemps qu’il le désirera. Cela passe en premier lieu par l’ouverture de notre propre nexion, ainsi que par la pratique de diverses méthodes de voyage astral… Actuellement, l’humain est le prédateur Alpha, le summum de l’évolution : en nous élevant au-dessus de lui, nous deviendrons la forme de vie ultime que les humains inférieurs seront contraints de reconnaître comme telle. » (Écrits de l’Alliance Drakonique).

Son fondateur, qui a publié, en avril 2016, un ouvrage synthétisant les enseignements de l’Alliance sous le titre Codex Aristarchus, a bien voulu répondre à quelques questions.

 *

Soror D. S. : Bonjour Alexander, et merci d’avoir accepté cet entretien. Pourrais-tu présenter en quelques mots l’Alliance Drakonique en quelques mots à nos lecteurs ?

L’Alliance Drakonique est un coven destiné à l’enseignement et la formation de ceux qui adhèrent à notre vision des choses. C’est le logos de nos Maîtres, les fondateurs de cet ordre, mais il existe à présent au-delà d’eux, grâce aux contributions permanentes d’un noyau actif.

Soror D. S. : Quelle est précisément cette vision des choses et comment en es-tu venu à créer ton propre groupe ?

Cette vision des choses est celle promulguée par l’Ordre des Neuf Angles, dans un contexte radicalement vampirique, couplée avec des disciplines telles que le rêve lucide, le yoga tantrique et diverses incursions scientifiques. A l’origine, l’ordre servait d’organe d’expression et nous permettait de conserver nos idées, résultats et explorations ; les miens comme ceux des autres.

Soror D. S. : Tu as parlé d’enseignement. L’Alliance Drakonique » propose-t-elle un véritable cursus d’apprentissage ? 

Nous délivrons nos enseignements, ainsi que des repères à ceux que nous ne pouvons pas rencontrer et donc former directement. C’est tout.

Soror D. S. : Pourquoi ce terme « Drakon » ? Peut-on y voir une référence aux œuvres de Kenneth Grant ?

Nous connaissons assez mal les travaux de Grant, mais nous savons qu’il tentait d’associer certaines des idées de Crowley à celles d’H.P. Lovecraft. Cela seul devrait suffire à mettre en lumière l’intelligence et la perspicacité de monsieur Grant.

Le terme Drakon dérive du mot grec et nous l’utilisons comme un symbole de tout ce que nous pouvons devenir. La Tradition Sénestre nous parle de ces entités ancestrales, du moment où les Dieux Sombres firent intrusion dans ce monde, et ce sont ces dieux que nous nous efforçons d’imiter. Ce terme sonne aussi merveilleusement.

Absentia : L’Alliance Drakonique était en sommeil il y a encore peu de temps ; qu’est-ce qui a motivé le réveil de la bête ?

Le groupe fut à l’origine fondé par moi-même et ma partenaire, en tant qu’insight role, ayant différentes finalités. Son existence en tant que telle revêtait moins d’importance que son but premier qui était de nous aider à comprendre de quelle façon les individus apprennent, comment ils fonctionnent au sein d’une organisation hiérarchique, ainsi que d’intégrer des compétences en leadership et d’autres renseignements utiles sur la psychologie humaine.

Suivant cette définition et en partie du fait de l’échec des participants (qui se voulaient être sur un pied d’égalité avec ma partenaire et moi-même, tout en étant absolument novices dans tous les domaines, ce qui les a conduits à se planter à tous les niveaux), nous avons opté pour une évolution plus solitaire, utilisant ce que nous avions appris de ces expériences, afin de repartir vers autre chose. Entre l’Alliance Drakonique version 1.0 et sa version 2.0, nous avons exploré d’autres traditions — ma partenaire s’est investie dans la Voie de la Rounwytha, et je me suis moi-même passionné pour différents domaines tels que le rêve lucide, le voyage astral et le vampirisme.

De là, l’Alliance Drakonique a été relancée.

Soror D. S. : L’Alliance Drakonique se présente-t-elle comme une loge de l’ONA avec une orientation particulière, ou comme un courant désormais indépendant ?

L’Alliance Drakonique suit strictement l’ontologie de l’ONA — c’est-à-dire que notre perception du monde est celle de l’ONA. Nous souscrivons à la théorie de l’acausal, une théorie corroborée par l’approche la plus scientifique qui soit, et qui a d’ailleurs reçu des éloges pour l’avoir fait. Nous nous efforçons de mettre en évidence des parallèles entre la Tradition Sénestre et les paradigmes scientifiques émergents, en interprétant les anciennes croyances dans ce contexte — la plupart du temps, cela fonctionne très bien et permet d’éclairer une tradition jusqu’ici sous-développée dans de nombreux secteurs.

Soror D. S. : Pourrais-tu développer ? Quels paradigmes scientifiques pourraient, selon toi, alimenter ou valider les théories relatives à l’acausal ?

La théorie de Rupert Sheldrake, portant sur la résonance morphique, en est un parfait exemple ; elle propose un cadre théorique expliquant comment les modèles présents dans le continuum acausal orientent les formes ici, dans la causalité. H. S. Burr et beaucoup d’autres ont également travaillé sur une science de la vie, ainsi qu’ils la nomment ; ce qui conduit à une sorte de post-vitalisme en parfait accord avec la théorie acausale.

Absentia : Je crois savoir que ta compagne et toi-même suivez la Voie de la Rounwytha. Quel rôle occupe-t-elle dans ta pratique et comment se conjugue-t-elle avec le vampirisme ?

Comme je l’ai mentionné précédemment, notre isolement, lorsque nous nous sommes retirés de l’Alliance Drakonique, nous a conduits à explorer la tradition Rounwytha, aidés en cela par notre déménagement d’un milieu urbain à un environnement plus rural.

La façon dont cela s’articule avec le vampirisme est simple, si l’on envisage ces deux traditions comme des expressions de l’ontologie acausale. Ma partenaire poursuit la Voie de la Rounwytha plus intensément que je ne le fais, même si nous prévoyons, entre autres projets, de publier un ouvrage destiné à compléter le Codex Aristarchus qui traitera de sorcellerie et servira de lien entre les deux.

Soror D. S. : T’intéresses-tu à d’autres types de courants occultes ? Et si oui, lesquels ?

Nous parvenons difficilement à trouver d’autres courants se situant au-delà de la sensibilité magienne [1]. Autrement dit, les très nombreuses autres formes de magie, telles que la Wicca, la magie du Chaos, le TOTBL que je qualifierais d’autiste et l’actuel 218 [2], défendent toutes une vision du monde essentiellement magienne. Cela est dû au manque de connaissances et au peu d’expérience des occultistes de ce dernier siècle. Ces groupes se contentent de réinterpréter les écrits de Crowley et de la Golden Dawn, en y ajoutant quelques mots. Ils en modifient la forme, mais pas l’essence. Tous utilisent des « mots de pouvoir » en hébreu ; tous tracent des cercles et invoquent les points cardinaux. Il y a peu de différence entre un rituel Wiccan et un rituel du TOTBL si l’on en change les termes.

L’ONA, comme il a été écrit ailleurs, se place en totale opposition à cela et propose une histoire et un système sophistiqué. Il y a donc peu de raisons de souhaiter explorer d’autres courants, car il s’agit toujours de resucées de la Golden Dawn, même s’ils prétendent venir de traditions « populaires » ou « anciennes ».

Soror D. S. : Est-ce que, durant ton parcours personnel, tu as eu l’occasion de t’essayer à ces courants et groupes que tu qualifies de « magiens », ou est-ce que tu t’es toujours tenu à l’écart ? Le manque d’originalité mis à part, quelle critique principale porterais-tu à l’encontre de ces courants ?

En ce qui me concerne, j’ai consacré de nombreuses années à explorer l’ensemble des aspects et traditions que le monde occulte avait à offrir. Je n’y ai trouvé que des régurgitations des mêmes assertions abstraites et usées. La majorité des gens impliqués dans l’occultisme apprécie simplement la plus-value que ce domaine confère à leur ego et ne peut donc pas, ou ne veut pas, comprendre ce dont il est question ici. Quand on comprend que chaque tradition supposée unique (du kémitisme au chamanisme africain) est finalement basée sur les mêmes principes et correspondances, lorsqu’on retrouve les mêmes choses dans chaque livre — comment tracer un cercle, brûler de l’encens, invoquer les gardiens aux points cardinaux… – il devient clair que les auteurs et les groupes ne sont majoritairement que des simulateurs paresseux.

Soror D. S. : Parmi toutes les expériences magiques et mystiques que tu as pu vivre, laquelle t’a le plus impressionné, si tu es d’accord pour en parler ?

Ma première tentative pour élaborer une méthode de projection astrale (désormais décrite dans le Codex Aristarchus) fut particulièrement mémorable, bien que cela soit assez récent. D’innombrables expériences me viennent à l’esprit, de nombreuses ayant eu lieu avant même que je m’aventure sur le sentier occulte (et qui expliquent que j’ai été conduit à emprunter cette voie).

En ce qui concerne la méthode de projection astrale évoquée ci-dessus, elle a donné lieu à plusieurs décorporations forcées survenues simultanément, la rencontre de différentes entités et le fait d’avoir été réveillé à plusieurs reprises par des silhouettes autour de mon lit, dans les jours qui ont suivi. Les connaissances que ces expérimentations nous ont apportées sont évoquées dans notre livre qui examine en détails la sorcellerie chtonienne et des champs jusqu’à présent inexplorés de la Tradition Sénestre.

Absentia : Il me semble que tu portes un intérêt, entre autres, aux travaux du Tempel of Azagthoth et à ceux du Tempel ov Blood. De quelle manière ces groupes ont-ils inspiré/influencé ta vie et celle de l’Alliance Drakonique ?

L’Alliance Drakonique a été relativement proche du ToB pendant un certain temps et à présent, nous partageons totalement leur vision du monde, dure et sans concession. Nous avons immédiatement trouvé chez eux une compréhension réelle et profonde du principe vampirique, ainsi qu’une adhésion sincère à la Voie Septuple. Quant au Tempel of Azagthoth, bien qu’aujourd’hui défunt, il constitua pour nous une grande source d’inspiration durant les premiers jours de l’exploration du vampirisme, après que nous avons fait le tour de toutes les idioties de Belanger, Ford et Cie.

Soror D. S. : Est-ce que vous recrutez des membres, et sous quelles conditions ?

Nous recrutons des membres, en effet, comme toute organisation ambitieuse. Cependant, nous ne sommes guère optimistes quant à la capacité d’un individu qui se présenterait à nous afin de passer l’examen d’entrée, pour ainsi dire. L’une des phases préliminaires de la création de Drakon Covenant 2.0 a consisté à diffuser notre message au moyen de différents canaux. Bien sûr, nous avons évité les habituelles communautés occultes/vampires, celles-ci s’étant avérées terriblement inutiles (particulièrement les communautés vampiriques). Nous avons repéré une vingtaine de candidats environ suite à cette opération. Ils nous ont contactés grâce aux textes de l’Alliance Drakonique. Mais nous ne sommes restés en contact qu’avec trois ou quatre. Notre voie n’est pas facile à suivre.

Soror D. S. : Au cours d’une discussion privée, tu as dit que tu recherchais le « pouvoir ». L’ONA ne qualifierait-il pas cette quête d’hybris [3] en faisant plutôt porter l’accent sur la sagesse ?

Le pouvoir est nécessaire, comme cela a déjà été évoqué plus haut. Le pouvoir ne s’apparente pas à l’orgueil de notre point de vue. Aucun individu ne se lance dans une quête sérieuse dans le domaine de l’occultisme ou dans des études ésotériques ni exotériques, sans être motivé, ne serait-ce que partiellement, par le désir d’acquérir davantage de puissance personnelle. Prétendre le contraire serait stupide et serait un mensonge.

Soror D. S. : Dans Récents écrits vampyriques de l’Alliance Drakonique, tu écris : « La praxis unique de l’Alliance Drakonique exige du Novice que ses entreprises occultes s’accompagnent d’actions malveillantes concrètes, des actes au mieux considérés comme réprouvables dans la plupart des sociétés, au pire, totalement illégaux ». Quel est ton propre rapport à la violence ? Fascination ? Haine ? Mal nécessaire ? Bien nécessaire ?…

La violence n’est qu’un terme moraliste accolé à l’idée de conflit. Tout, dans notre monde, n’est que conflit, si l’on adopte un point de vue strictement réaliste. Vous et moi sommes en conflit permanent — notre inertie et notre force rivalisent constamment, toute notre existence, d’un point de vue économique, est basée sur les principes de la concurrence ; et ce ne sont que deux exemples.

L’univers observable constitue un gigantesque manifeste pour la Volonté de Puissance et montre de quelle manière ce principe agit via différents angles phénoménaux. Les organismes vivants obéissant tous à la même loi fondamentale, entrent nécessairement en conflit. Nous constatons cela à tous les niveaux ; placez deux groupes de personnes dans un espace limité, et vous les verrez rapidement se battre pour les ressources et l’espace vital. La violence est une réalité à laquelle nous ne pouvons pas échapper. Ceux qui vivent dans l’illusion et ne cautionnent aucun acte de violence existent dans cette illusion au seul motif que d’autres agissent à leur place.

La violence est aussi un professeur suprême. Nous avons vu de nombreuses personnes se tourner vers l’Alliance Drakonique et se comporter comme des idiots polis, faibles et abusés. Après qu’ils aient été plongés dans un environnement violent (en les encourageant à rejoindre les groupes criminels, ou à créer les leurs – ainsi qu’en les introduisant au sein de diverses organisations révolutionnaires que nous contrôlons), les novices éprouvent un profond sentiment de confiance et de là, une meilleure compréhension de leur place/pouvoir dans ce monde et de la façon dont leur volonté peut y produire des changements. Il n’existe pas d’autre alternative pour provoquer ce réveil alchimique nécessaire.

Soror D. S. : Pour beaucoup d’adeptes de l’ésotérisme, le vampirisme est uniquement énergétique ou un truc pour adolescents en mal de sensations. Que dirais-tu à ceux qui vont inévitablement secouer la tête en pensant « les vampires, ça n’existe pas » ?

Je les laisse parler. Mais nous assistons à une augmentation notable du nombre d’individus souffrant de paralysie du sommeil et qui aperçoivent des « silhouettes sombres ». Les gens sont très rationnels lorsqu’il fait jour, bien moins dès lors qu’ils sont seuls dans leur chambre la nuit.

Le vampirisme énergétique n’est que la partie émergée de l’iceberg et reléguer la praxis vampirique à ce seul aspect est peut-être la raison pour laquelle tellement de « communautés de vampires » se qualifient eux-mêmes de parasites — et ils ne sont précisément que cela.

Soror D. S. : Pourrais-tu nous parler de la nature des entités vampiriques avec lesquelles tu es en contact ?

Le principe même de l’Alliance Drakonique est de favoriser le contact avec des entités désincarnées qui se sont associées à certains humains au cours de l’histoire, ce qui a finalement donné naissance aux légendes et mythes des vampires.

Via cette « communion », l’adepte est censé apprendre et s’aguerrir, afin de prouver qu’il est digne de poursuivre cette relation. L’intrusion de ces entités (nous nous référons à eux comme à des maîtres ascensionnés, d’autres les connaissent sous l’appellation « dieux morts-vivants ») est susceptible de provoquer une véritable détresse mentale ; certains endurcissements sont donc nécessaires. Le succès et la complaisance dans la praxis vampirique induisent souvent la visite et servent de balise astrale à toutes sortes de ces entités. Se livrer à ceci en négligeant cela est très imprudent.

Ce n’est qu’après avoir attiré ces entités par inadvertance, par nos pratiques, que nous avons commencé à prendre au sérieux ce que d’autres avaient écrit à leur sujet.

Soror D. S. : À quoi ressemblent ces entités ? Comment se manifestent-elles dans notre univers ?

Ces entités ont souvent adopté des formes connues de toutes les cultures qui les ont perçues. Mais je peux parler uniquement des entités actuellement en contact avec l’Alliance Drakonique. Celles-ci semblent être des individus plutôt décharnés et âgés, noirs, amorphes ; des créatures portant des capuches et susceptibles d’induire une terreur sans comparaison avec tout ce que nous connaissons. Nous aimerions travailler avec l’entité ubiquitaire connue sous l’appellation « Hag » [4], car elle semble apparaître fréquemment chez les personnes souffrant de paralysie du sommeil — un phénomène que ces entités sont capables de produire et dont ils sont même la cause.

Soror D. S. : Certains membres de l’Alliance Drakonique ont-ils été victimes, blessés ou tués, par ces entités ?

Pour l’instant, personne n’a été physiquement blessé, bien que certaines marques soient apparues, au domicile ou sur les corps des membres.

Soror D. S. : Et donc, tu te balades en astral et tu bouffes les gens ? (recule prudemment vers la porte)

Nous rejoignons les rangs des morts-vivants qui hantent les songes de l’humanité depuis que celle-ci a commencé à rêver. Nous nous nourrissons de l’essence acausale du sang. Le lien entre la consommation du sang et le vampirisme n’a été mis à la mode qu’après la publication de Dracula. Ce que nous absorbons est précisément l’énergie, sous sa forme acausale ou intercausale. Ce faisant, nous court-circuitons l’évolution afin de devenir un tout nouveau phénotype.

Soror D. S. : Je vois assez bien ce que signifient les expressions « causal » et « acausal », mais à quoi renvoie précisément cet « aspect intercausal » ?

« Intercausalité » est un terme que nous avons inventé pour désigner les interactions singulières de l’énergie acausale dès lors qu’elle pénètre dans la causalité. Ceci est également connu, dans la culture, ordinaire sous le terme de « magie ».

Soror D. S. : Pour quelqu’un qui voudrait s’essayer au contact avec ces entités vampiriques, que conseillerais-tu comme préparation, précautions et rituels ?

Il convient de suivre les techniques rigoureuses que nous avons déjà évoquées, sans quoi le manque d’endurcissement et le fanatisme qui pourraient en découler conduiront l’adepte à l’échec et peut-être à la folie.

Les préparatifs pour les rituels suivent les lignes directrices décrites par l’ONA.

Absentia : Tu as récemment publié ta propre version de NAOS, l’un des recueils fondateurs de la Voie Septuple. Pourquoi une telle démarche ?

Les précédentes éditions proposaient un sommaire pour le moins chaotique, et les quelques tentatives de réécritures / rééditions furent des échecs (y compris la version catastrophique de Ford, dont certains passages sont littéralement illisibles). Nous avons considéré que la meilleure approche consistait à réorganiser le livre de façon chronologique, en plaçant les étapes dans l’ordre (à titre d’exemple, les éditions précédentes renvoyaient le descriptif de la Voie à la fin du livre). Nous souhaitions également aplanir ce qu’il restait des ajouts inutiles provenant des premiers tâtonnements éclectiques de l’ONA. Nous pensons que cette version finale retouchée est suffisante, pour nous du moins.

Soror D. S. : Comme mentionné plus haut, tu viens de sortir un ouvrage intitulé Codex Aristarchus. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Codex Aristarchus est l’aboutissement de tout ce que nous avons appris depuis que nous nous tenons sous l’égide des Maîtres ascensionnés. Nous espérons contribuer à la tradition, de même que galvaniser et recruter des adeptes honnêtes. Nous avons également publié deux textes en diffusion libre, dans les Œuvres : celui précité traitant de sorcellerie, ainsi qu’un volume qui pourrait éventuellement évoluer sous la forme d’un journal.

*

*

Notes :

[1] NdT : Le terme anglais « magian », très péjoratif pour l’ONA, renvoie à la culture judéo-chrétienne, notamment kabbalistique, que l’on peut retrouver dans la plupart des mouvements ésotériques à l’heure actuelle.

[2] NdT : L’appellation « 218 » désigne le courant « chaosophe » ou « satanisme anti-cosmique ». Les initiales TOTBL font référence au « Temple of the Black Light ».

[3] Le terme grec hubris se traduit souvent par « démesure » et renvoie aux excès et passions susceptibles de déborder l’être humain, notamment l’orgueil. Précisément, l’hybris consiste à vouloir davantage que ce qui nous a été imparti par le destin.

[4] NdT : La paralysie du sommeil est attribuée, dans les légendes populaires du nord de l’Amérique, à la visite d’une vieille sorcière (Ag Rog ou Old Hag).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *