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Le Livre Noir de Satan [6]

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Le Livre Noir de Satan

Première partie : Rites et Pratiques Sataniques

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Lire la première partie de cet article.

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XII – Les Grades Sataniques

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Pendant longtemps, le satanisme traditionnel fut enseigné individuellement : la transmission était effectuée de Maître (ou de Maîtresse) à élève, un Initié qui suivait la voie de l’Expertise sous sa direction. Lorsque des rituels cérémoniels étaient entrepris, cela était effectué en secret et seuls des membres de longue date pouvaient y participer. Les quelques Initiés qui y étaient admis devaient subir une période probatoire de plusieurs années avant de pouvoir y assister.

C’était le devoir du Maître ou de la Maîtresse que de guider leur élève sur la difficile voie de la Maîtrise magique et la magie interne était utilisée dans ce but, ce système s’étant progressivement développé et amélioré au cours des siècles.

Dans ses premiers grades, le satanisme authentique consiste en l’expérimentation des ténèbres et de l’ombre en soi-même. Par le passé, les initiés étaient incités à multiplier les expériences dans le monde réel. Parfois, le Maître ou la Maîtresse conduisait son élève à s’impliquer dans des situations particulières (dont certaines étaient dangereuses), afin que l’Initié en tire un enseignement. Certaines de ces situations pouvaient être non conventionnelles, réprouvées par la société et certaines étaient illégales. Bien sûr, ce chemin était ardu, mais les Initiés qui survivaient ou demeuraient libres en retiraient une expérience authentique et une connaissance d’eux-mêmes.

Cependant, progressivement (du moins, dans le satanisme traditionnel), des moyens ont été découverts pour raccourcir les délais nécessaires à cette évolution : tandis que la plupart des techniques du passé étaient concrètes, dans la mesure où elles confrontaient l’individu à ses propres limites, les nouvelles techniques sont désormais ‘intériorisées’ — c’est-à-dire qu’elles sont davantage fondées sur la magie que sur l’expérience directe. L’essence de cette nouvelle approche fut et demeure les rituels de grade.

Les rituels de grade (le premier étant l’Initiation) consistent en une série de tâches et de devoirs ; l’individu qui suit la procédure d’un rituel de grade (la plupart étant décrits dans Naos – un guide pratique de la magie moderne) obtiendra le savoir magique et la connaissance de soi inhérents au rituel de grade entrepris. Les rituels de grade sont au nombre de sept ; ils conduisent d’Initié à Adepte Externe, puis à Adepte Interne, Maître et enfin, au-delà. Plusieurs tâches à accomplir sont associées à chaque rituel de grade, celles-ci constituant la base de l’entraînement d’un initié satanique. De par leur nature, elles créent un type spécifique d’individu : un individu imprégné de l’esprit satanique.

Le rituel de grade d’Adepte Interne implique pour l’initié de vivre isolé pour une durée d’au moins trois mois, et si cette tâche est réalisée fidèlement aux principes du rite lui-même, l’individu émergera en tant qu’Adepte authentique. Naturellement, ce rituel n’est pas aisé.

L’étape suivante conduit l’adepte à pénétrer dans l’Abîme : à devenir une part de l’acausal, c’est-à-dire à permettre aux énergies acausales, chaotiques, de pénétrer la conscience sans aucun moyen de contrôle conscient. Cette étape magique est précédée d’une étape physique (consistant pour un homme à marcher seul et sans aide sur une distance de 130 km, en commençant au lever du soleil le premier jour et en terminant au coucher du soleil le second ; pour une femme, la distance à parcourir sera de 90 km). Cette épreuve physique est essentielle (les distances et les limites de temps doivent être respectées), car elle vide le candidat physiquement et mentalement, celui-ci n’aura donc que peu de ‘barrières’. Ce rituel, lui non plus, n’est pas facile à entreprendre.

On peut donc voir que l’entraînement des Initiés dans les ordres sataniques authentiques est complet et difficile, car ces ordres ne sont pas des institutions religieuses désirant endoctriner leurs membres, tout comme ce ne sont pas des groupes portés à la discussion ou à l’étude des sujets magiques ou occultes. Ce sont les endroits où une véritable magie sénestre est entreprise — cette véritable magie étant difficile et parfois dangereuse.

Les satanistes authentiques ne parlent pas, ils agissent. Ils ne se plongent pas dans l’étude de légendes et de mythes obscurs appartenant au côté sombre. Ils deviennent, par leur magie sénestre, le côté sombre lui-même. Ils ne sautent pas d’un ‘groupe’ à l’autre, d’un système à l’autre — ils suivent la Voie Septuple, en étant guidés, jusqu’à la fin et refusent d’abandonner lorsque les choses deviennent difficiles et dangereuses. En résumé, ils illustrent l’esprit satanique : l’extase d’une affirmation de la vie dans la conquête et le dépassement.

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XIII – Le Chant Sénestre

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Le chant sénestre comprend trois méthodes différentes, ayant cependant toutes le même but : générer des énergies magiques. Le type d’énergie et les résultats obtenus varient en fonction de la méthode employée.

La première méthode est la vibration de mots ou de phrases ; la seconde est le chant ; la troisième est le « chant ésotérique », ce qui signifie chanter un texte particulier sur l’un des modes ésotériques. Ces chants ésotériques sont expliqués en détail dans l’ouvrage Naos.

La vibration est la méthode la plus simple. Elle implique que la personne ‘projette’ le son : après une profonde inspiration, la première partie du mot, qui doit être vibrée, est ‘expulsée’ durant l’expiration. Cette expiration doit être contrôlée, l’intensité du son prolongée (au moins dix secondes pour chaque vibration) et aussi régulière que possible. La personne inspire alors de nouveau et le processus est répété pour la seconde partie du mot, etc.

Ainsi, Satanas sera vibré comme suit : SA – TAN – AS. La vibration n’est ni un cri ni un hurlement, mais une concentration d’énergie sonore. Elle implique l’ensemble du corps et doit constituer un effort physique. Une pratique régulière est essentielle pour la maîtrise de cette technique et l’individu devra apprendre à projeter le son à des distances diverses (de trois à dix mètres ou davantage), tout comme il devra apprendre à augmenter la puissance de la vibration elle-même.

L’essence de cette technique consiste à maintenir une intensité identique pour chaque son, sur l’ensemble des sons d’un mot ou d’une phrase.

Le chant consiste essentiellement à chanter un mot ou un texte de façon monotone, c’est-à-dire sur la même note, bien que la dernière partie soit généralement ‘embellie’, en montant ou en descendant d’une note. Le rythme du chant varie et peut être lent (ou « funéraire ») ou rapide (ou « extatique ») suivant le type de cérémonie et l’humeur des participants.

Entraîner la congrégation et les nouveaux membres à ces trois méthodes de chant fait partie des tâches du Maître et de la Maîtresse dirigeant un Temple ; dans ce but, des séances régulières d’entraînement devront être réalisées. Le chant, de n’importe quel type, lorsqu’il est réalisé correctement, constitue l’une des sources principales de la génération d’énergie magique durant un rituel et, tout comme la mise en scène du rituel, son importance ne sera jamais surévaluée.

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1) Diabolus

Dies irae, dies illa

Solvet Saeclum in favilla

Teste Satan cum sibylla.

Quantos tremor est futurus

Quando Vindex est venturus

Cuncta stricte discussurus.

Dies irae, dies illa ! [1]

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2) Sanctus Satanas

Sanctus Satanas, Sanctus

Dominus Diabolus Sabaoth.

Satanas ; venire!

Satanas ; venire!

Ave, Satanas, ave Satanas.

Tui sunt caeli,

Tua est terra,

Ave Satanas ! [2]

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3) Oriens Splendor

Oriens splendor lucis aeternae

Et Lucifer justitae : veni

Et illumine sedentes in tenebris

Et umbra mortis. [3]

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4) Autres chants :

*Ad Satanas qui laetificat juventutem meam

(À Satan, qui fait la joie de ma jeunesse) [4].

*Veni, omnipotens aeterne diabolos!

(Viens, tout puissant et éternel Diable)

*Pone, diabolus, custodiam !

(place une garde, Diable) [5]

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5) Invocation de Baphomet :

Nous nous tenons, armés et dangereux, face aux champs ensanglantés de l’histoire ;

Dénués de dogmes — mais prêts à laisser notre marque, à défier l’éphémère :

Prêts à poignarder de notre pénétrante volonté,

À éprouver toutes les laisses, à dévaler en hurlant les pentes de l’humanité :

Prêts et enthousiastes pour immoler monde après monde,

De notre éblouissant brasier.

Et que tous clament que NOUS étions là, en Maîtres,

Au sein de l’espèce décadente appelée humanité.

Notre essence prend forme dans le défi,

De nous tenir devant Ton regard mortel.

Et nous voyageons à présent de flamme en flamme,

Et de tour en tour, de la volonté vers la gloire !

Agios o Baphomet ! Agios o Baphomet !

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Notes :

[1] NdT : Ce Diabolus de l’ONA est une réécriture du très célèbre poème médiéval Dies Irae (11e – 13e siècle) dont la forme classique évoque le retour du Christ sur Terre et le Jugement Dernier. Voici la traduction de la version angulaire :

            « Jour de colère, que ce jour-là

            Où le monde sera réduit en cendres,

            Satan l’atteste, avec la Sibylle.

            Quelle terreur à venir,

            Quand Vindex apparaîtra

            Pour tout juger avec rigueur !

            Jour de colère, que ce jour-là. »

[2] NdT : Le Sanctus Satanas de l’ONA est inspiré du poème latin médiéval Te Deum dont le refrain est « Saint, Saint, Saint, Dieu, Seigneur de l’univers ; le ciel et la terre sont remplis de la gloire. » La version de l’ONA donne :

            « Saint, Satan, Saint

            Diable, Seigneur de l’univers.

            Satan — viens !

            Satan — viens !

            Gloire à Satan, gloire à Satan

            À toi sont les cieux,

            À toi est la Terre,

            Gloire à Satan. »

[3] NdT : Ce texte s’inspire de l’antiphon O Oriens chanté durant la période de l’avent dans la tradition catholique. Le remplacement du terme sol, soleil du texte original par Lucifer est très probablement dû au fait qu’oriens, littéralement « qui apparaît » est souvent traduit par « étoile du matin ».

            « Étoile du matin, splendeur de la lumière éternelle

            Et Lucifer de la Justice : viens.

            Et illumine ceux qui résident dans les ténèbres

            Et dans l’ombre de la mort. »

[4] NdT : La formule Introibo ad altare Dei. Ad Deum qui lætificat iuventutem meam fait partie des prières récitées au pied de l’autel dans la liturgie catholique et se traduit par « J’irai vers l’autel de Dieu. De Dieu Qui fait la joie de ma jeunesse ».

[5] NdT : Cette formule vient d’un psaume (141/140), la phrase complète étant Pone Domine custodiam ori meo et ostium circumstantiae labiis meis, c’est-à-dire : « Seigneur, mets une garde à ma bouche, veille sur la porte de mes lèvres ! ».

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